sábado, 2 de febrero de 2013

KÉDI LE CHAT

Je ne sais plus très bien comment le chaton est arrivé chez tes parents. Ils avaient un ami Turc, c'est peut-être lui qui l'avait apporté parce qu'il l'appelèrent Kédi, chat en turc. Ils venaient d'emménager dans un appartement minuscule que ta mère, avec peu de moyens et beaucoup de goût, avait réussi à transformer en "maison de poupée".

Nous sommes tous tombés amoureux de Kédi, une petite boule au pelage entièrement noir aux reflets bleutés qui tenait dans le creux de la main. Non, non, tu ne l'as pas connu, c´était bien avant que tu naisses. Il était beaucoup trop jeune pour être séparé de mère, et ça, plus tard, ça aurait des conséquences. Ta maman l'alimentait au biberon de poupée qu'elle m'avait envoyée chercher dans une caisse de jouets confinée à la cave. Tous les deux, ils s'entendaient à merveille. Il l'a suivait partout comme un petit chien. Quand elle allait aux toilettes, lui aussi allait directement à la litière de sa caisse pour faire ses besoins. Quand elle allait à la cuisine pour boire, lui aussi faisait mine de lécher l'eau de sa gamelle. Le plus drôle c'était quand elle prenait un bain. Lui miaulait et se plaignait jusqu'à ce qu'elle le prenne et le pose sur le bord de la baignoire. Chez tes parents, les mouches étaient éphémères. Si par malheur une mouche entrait dans la maison, elle ne faisait pas long feu. Kédi la chassait et déposait délicatement ce précieux butin à côté de ta mère, peu importe où cette dernière se trouvait : sur le lit, sur le canapé, sur la table du petit déjeuner (très appétissant ).

Adorable le petit chat, n'est-ce pas. Jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge adulte et qu'il devienne fou.

J'étais en train d'admirer ses beaux yeux verts quand il a commencé à feuler, à grogner, à montrer les crocs, prêt à me sauter dessus.
- "Mais qu'est-ce qu'il lui prend ?", j'ai demandé à ta mère.
- " Il déteste qu'on le fixe."
Aucun homme ne pouvait franchir le seuil de l'appartement sans que le chat l'agresse. Même ton père s'est fait griffé plusieurs fois en rentrant à la maison. Que faire ? Y a rien à faire, il faut le castrer. Toutes les femmes de la famille étaient d'accord, les hommes beaucoup moins. Mais bon, c'est quand même ton grand-père qui a payé l'opération. Les hommes étaient maintenant sains et saufs mais pas la "maison d poupée". Le chat était de plus en plus dingue. Ils griffait les murs, les portes, le canapé. Il sautait sur les meubles, faisant tomber les bibelots, les pots de fleurs, les photos. Chaque fois que ta mère rentrait du boulot, elle piquait une crise devant le chaos séismique. Que faire ? Pas question de refiler "la bête noire" à quelqu'un d'autre, à la S.P.A. encore moins.
-" J'ai une idée", dit ta grand-tante qui avait un cheval en pension dans les écuries d'un club d'équitation près de Dusseldorf. " Là-bas il y a plein de chats et pas de souris. Je suis sure que la propriétaire n'aura rien contre un chat de plus."

Et c'est ainsi qu'on emmena Kédi à la campagne. Ta mère en pleurs, ton père soulagé. Le chat ? Quel ingrat, il ne s'est même pas retourné pour dire au revoir. Il a filé directement voir les autres félins qui justement étaient en train de manger. Ils ont partagé amicalement leur pâtée avec lui sans faire de chichis.

Et si c'est vrai que les chat ont sept vies, Kédi est toujours dans les écuries, occupé à chasser les souris. C'est mieux que les mouches. Non ?

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